TERRE SAINTE
QUO VADIS ?

SHEMA ISRAEL
(Article paru aux éditions du Parvis Janvier 2007 Mars 2007)
Sur les pas de Notre Seigneur

A JESUS PAR MARIE
L'actualité du moment me ramena en arrière. En effet, je ne pus m'empêcher de penser à mon premier pèlerinage, celui qui m'amena à Medjugorje, en 1993, alors que le pays était en guerre. Bis répétita !
Cela faisait six mois, par des réunions mensuelles autour du curé de notre paroisse, que nous nous préparions, ma femme et moi, ainsi qu'une cinquantaine de personnes, à effectuer le voyage en Terre Sainte. Je n'avais jamais imaginé - ceci par rapport au coût du voyage, et peut-être aussi à cause des évènements qui s'y déroulent- qu'un jour je me rendrais à Jérusalem.
Au fur et à mesure de la lecture de la Bible et du repérage sur la carte d'Israël et de Palestine des lieux célèbres où le Christ "pérégrina" sur terre, jusqu'à sa passion, ainsi que les endroits sacrés liés aux figures de l'ancien Testament, l'appétit d'aller à la rencontre de Notre Seigneur devenait grandissant, et à notre dernière réunion, tous pouvaient montrer maintenant une certaine impatience à se retrouver à l'aéroport.
Cette empressement cependant fut soudainement freiné quand survint dans le monde arabe des incidents liés à la diffusion par la presse des caricatures du prophète Mahomet. La brutale protestation se développa aussi à Tel-Aviv, à Jérusalem et à Bethléem en Palestine. Un peu plus d'huile sur une terre depuis maintenant longtemps en effervescence ! J'imaginais alors une probable annulation du voyage, au mieux, s'il devait être maintenu, un raccourcissement du programme annoncé, et préparé de longue date, avec l'impasse de lieux "clés" dans notre excursion, comme Bethléem .
A 48 heures de notre départ, mon attention se porta davantage sur le petit écran, à l'heure des journaux télévisés. Avec les troubles qui y étaient rapportés, qui n'avaient pas vraiment fait que la peur s'installe en moi, même si je devais retirer de mon portefeuille ma carte de presse, du temps où j'étais correspondant d'un journal régional, - les journalistes faisaient l'objet de représailles à ce moment là dans les pays arabes- j'étais de fait dans l'attente d'un coup de téléphone potentiel m'informant d'une annulation du voyage, qui aurait occasionné indubitablement une forte déception. Dans l'expectative, je me rappelais alors des mots que j'avais écrits en introduction de mon article paru Chrétiens magazine, et relatant le pèlerinage de Medjugorje : " J'en suis encore à me demander ce qui m'a décidé à aller dans un pays en guerre alors que je suis père de famille. Peut-être ai-je voulu me prouver que Dieu "passait" avant elle. Que ceci soit sans équivoque : si Dieu à uni un couple, ce n'est probablement pas dans ses intentions de le défaire ; alors, quand je dis "passer avant ma famille", cela ne signifie pas pour autant la délaisser.
Alors que je suivais un débat télévisé relatif à ces évènements, je fus frappé par la question d'un député français lancée à une invitée de confession musulmane. Le ton utilisé relevait du reproche : " Alors vous placez Dieu au dessus des lois de la République ? "
Une question qui ne pouvait laisser indifférent tous croyants en Dieu, qui me donna à réfléchir : Comment est-il possible de rabaisser notre Dieu, Créateur du Ciel et de la terre, et des hommes, au dessous de sa création, telle était mon incompréhension face à une question incompréhensible de la part d'un ressortissant issu d'un pays qui fut profondément chrétien ?

LE JUDAÏSME
Qu'est-ce le Judaïsme ? Certains, notamment les rabbins, diront qu'est juif, celui qui est né de mère juive. D'autres, plus nombreux, professent que l'identité du juif se définit par une foi au Dieu unique perpétrée dans la prière quotidienne du Shema " Ecoute Israël ! Le Seigneur notre Dieu est l'unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force " (Dt 6, 4-6)

LES SIGNES RELIGIEUX PRINCIPAUX DE L'ETAT D'ISRAËL
Il y a lieu de citer tout d'abord l'emblème d'Israël, l'Etoile de David, dont l'origine première et ancienne relève de la synagogue de Capharnaüm Ensuite, le chandelier à sept branches (Menorah) que Moïse avait placé dans la tente du Tabernacle et qui est devenu, avec l'Etoile de David, le symbole de l'Etat d'Israël. On retrouve le Menorah au parlement Israélien (Knesset), associé à la parole de Dieu, " Ecoute Israël " (Shema). Des pièces de monnaie y font aussi référence.
On relève après, sur les chambranles des portes des maisons, le Mezouzah, étui contenant un parchemin ou figurent des versets de la Bible. Une coutume puisée dans l'Ecriture du Deutéronome 6,9 (" Tu les inscriras sur les montants de la porte de ta maison et à l'entrée de la ville " )
Dans la pratique religieuse des juifs, il y a lieu de citer notamment: le Sabbat, journée totalement consacrée à Dieu (du vendredi soir au samedi, au coucher du soleil) et le Kashrut qui définit les règles de l'alimentation (Kasher).
Ceux qui prient, en application de Deutéronome 6,8, portent sur leur bras gauche et sur leur front des boites carrées appelées Phylactères contenant des extraits de la Torah (5 premiers livres de la Bible).

ISRAEL, ou "DIEU SEME"
Tel Aviv, avec ses 3 drapeaux qui flottent à l'aéroport, nous placent d'entrée dans le contexte religieux. Comment ne pas, en regardant l'Etoile de David, penser aux psaumes du Roi David, nourriture céleste ?
L'aéroport porte le nom de Ben Gourion, illustre premier ministre dans les années de la création de l'état d'Israël. Lui et sa femme sont enterrés dans le désert de Neguev. Il avait beaucoup cru et misé en l'espoir de jeunes agriculteurs décidés à développer l'agriculture sur une terre inculte qu'est le désert.
Pari tenu pour ces jeunes qui croyaient en la Parole de Dieu, comme en témoigne la ferme Sdé Boger (Kibboutz), qui ont appris à puiser dans la Torah pour connaître leur direction, la boussole de leur vie.
Leur obstination était fondée : leur force et leur espérance, ils la détenaient de la Bible. Dieu ne leur avait-Il pas promis une terre de lait et de miel, ne leur avait-Il pas dit que les marécages pouvaient produire ?
Ils ont ainsi fertilisé une terre appelée le grenier d'Israël dans un lieu dénommé "la vallée où Dieu sème"(JEZREEL).
Israël, un nom dont la signification (Dieu sème) enferme à lui seul toute la grâce de Dieu, et dont la majorité de la richesse agricole se trouve dans le sud du pays, dans le désert irrigué par des systèmes sophistiqués.
Dans sa nouvelle alliance avec le peuple païen, Dieu, à travers le Christ, a développé son enseignement sur le chemin de la vie : " Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerais le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. Le joug que je vous donnerai est facile à porter et le fardeau que je mettrai sur vous est léger ". Déjà, en ces lieux défavorables à la vie, des civilisations, comme les nabatéens "premiers" chrétiens du IV siècle, avaient fait preuve d'ingéniosité pour "corriger" les lois naturelles. On doit la conversion de ce peuple à Ste Hélène, l'une des pierres angulaires du christianisme. Connue pour avoir découvert à Jérusalem les restes de la Croix du Christ, on lui doit aussi d'avoir œuvré pour la construction de nombreux édifices chrétiens en Terre Sainte et aussi en occident. Le site archéologique d'Avdat révèle d'ailleurs ses empreintes, par des marques éloquentes du christianisme relevées sur les murs.
Peu de temps après avoir quitté l'aéroport de Tel Aviv, un magnifique arc en ciel nous accueillait sur une terre qui reste la source de nos racines chrétiennes ; Dieu saluait notre entrée en terre Sainte en nous témoignant de son alliance.
Dans le désert, étape bénéfique pour le pèlerin, qui se dénude comme cela se fit pour le peuple de Moïse, qui devait se purifier dans une longue marche avant d'entrer en terre promise. Chacun ressent alors la présence de Dieu. L'expérience de ces moments de silence et de prière, appréciés et recommandés par le Christ, qui devaient être une transition avec notre périple d'une dizaine de jours, devait placer chacun de nous directement face à notre Créateur, ou du moins les placer à Son écoute, comme le fut Samuel : " Parle Seigneur, que me veux-tu ? "

BIENHEUREUX ETES VOUS !
Hormis Nazareth ou Tibérias, depuis Tel Aviv, notre parcours jusqu'à Jérusalem, à pieds ou en autobus, ne fut ponctué d'aucune bousculade ou tension sur une terre d'Israël encore peu densifiée. Le contact quasi permanent avec la nature, qui débuta dans le désert pour se terminer au Mont des Béatitudes, autour du lac de Tibériade, nous introduisait lentement au banquet de Dieu.
La sérénité fut la compagne constante de cette première étape, d'autant que la présence militaire discrète ne fut seulement perceptible qu'à hauteur des plateaux du Golan, frontière commune et hermétique avec la Syrie.
Jamais la résonance d'un mot n'aura été aussi béat que celui de Bienheureux, sur un lieu biblique, où 2000 ans après il continue à résonner. Quelle bonheur de pouvoir regarder de la haut, le lac et de l'imaginer en furie ou de l'entendre tapoter sous l'action des poissons pris au piège des filets. Quel délice de se remémorer aussi les paroles de vie du Christ et d'extraire du passé les actions miraculeuses de son ministère public.
Comment ne pas empêcher cependant Capharnaüm de surgir du lac, tonitruante par la confusion qui l'étreignait, à l'image de la rivalité entre Simon et Lévi, juste avant que Jésus ne les touche. Devant ce spectacle, fort de symbolisme, n'est-ce pas la même vision qui interpellent nos consciences, dans nos différents avec notre prochain, au sein même parfois de nos communautés, qui vicient notre disposition à suivre le Christ. Des mots "d'ailleurs" vont alors se projeter à mon esprit : " Comment se fait-il, vous qui êtes imprégnés des paroles du Christ que vous n'agissez pas en tant que tel ? "
Contrairement à l'absence de vie végétale et animale de la mer morte, le lac de Tibériade qui l'alimente, appelé aussi lac de Galilée, déborde de vie, comme en témoignent ses terres qui regorgent de toutes sortes d'oiseaux, et où la végétation y est abondante. Le lac lui aussi est alimenté, il reçoit de plusieurs cours d'eau, dont le Jourdain qui signifie "qui descend, qui donne". Ce mécanisme naturel se retrouve dans nos actions humaines, dans un message qui se veut de dire, "donner pour recevoir".
Avec cela, comment ne pas faire le parallèle avec les visions du prophète Ezéchiel qui vit l'eau s'écouler du "côté droit" du Temple, descendre dans la plaine du Jourdain et se jeter dans la mer Morte (47 1-12). N'est ce pas pour y percevoir l'eau est le Sang de Notre Seigneur Jésus Christ qui jaillirent sous le coup d'une lance ? L'abondance qui résulte de ces terres traversées ne laissent elles pas entrevoir également les bénédictions divines du fleuve de la Miséricorde ?
Il faut remonter à la source du Jourdain, aux pieds des cimes enneigées du mont Hermon (l'œil d'Israël), à la source de vie pour entendre Jésus dire à ses disciples : " Pour vous qui suis-je ? " C'est ici aussi, à Banias, que le Christ a commencé à les préparer au drame de la passion (Mc 9, 27-33). C'est là également que Pierre reçut la primauté de l'Eglise et le pouvoir des clés (Mt 16, 13-20).
C'est aussi à la source du Jourdain, dans les eaux vives, message de vie, que deux pèlerines de notre groupe reçurent le baptême par immersion, chemin de vie, par le renoncement au péché, qui conduit au vrai Dieu, vers le Christ vrai homme et vrai Dieu. La mer morte et Banias symbolisent le choix de Dieu, pour ou sans, se diriger vers un chemin de vie ou emprunter un chemin de mort. Combien ont été les prophètes à nous sensibiliser sur les dangers du déni de Dieu ? Le roi David en était convaincu, comme l'indiquent ses psaumes pour la plupart écrits à Ein Gedi , en bordure de la mer morte. Le psaume 94 est une invitation, un hymne à la Vie : " …Venez, prosternons-nous en adoration, à genoux devant le Seigneur qui nous a créés. Il est notre Dieu ; et nous sommes le peuple dont il est le berger, le menu troupeau de son pâturage. Puissiez-vous aujourd'hui entendre sa voix : n'ayez pas des cœurs endurcis comme à Mériba, comme au jour de Massa dans le désert, où vos pères me provoquèrent et me mirent à l'épreuve alors qu'ils avaient vu mes exploits… "
A peu de distance du lac du de Tibériade, Gana, lieu du premier miracle de Jésus, évoque Marie, sa discrétion, son abandon à Dieu, son don d'amour et son triomphe naissant : "Faites tout ce qu'il vous dira" est une phrase "boomerang" dont Jésus s'est servi pour exaucer le vœu de sa mère.
A proximité du miracle de l'eau changé en vin, Nazareth, avec l'annonce du don d'un Sauveur au monde, voit son message malmené par la confusion cosmopolite et multi-religieuse, à majorité musulmane qui y règne, annonciatrice "d'un" Jérusalem aux couleurs mosaïques.
Mais n'est-ce pas dans un environnement austère que Marie accueillit l'ange Gabriel ?
C'est aussi à Nazareth que Charles de Foucault mûrit sa vocation de prêtre, après qu'il se soit éloigné de Dieu, à l'image du roi David dont la conduite ne fut pas toujours exemplaire.
Mais l'histoire de la révélation n'est-elle pas remplie de péchés ?
Charles de Foucault avait enfin entendu la voix de Dieu, contrairement à beaucoup de notre génération qui restent sourds et aveugles !
Sourds et aveugles aussi aux nombreuses manifestations de la Vierge Marie.
Ayant répondu favorablement à ses appels, ceci depuis 1993, je me rendis compte, à un certain moment de notre périple, que nos journées bien remplies n'avaient pas laissé la place à la récitation quotidienne du Rosaire. J'en fus désolé.
" Reste avec nous Marie ."

JERUSALEM, ou "LA VILLE DE LA PAIX"
Israël témoigne d'une diversité en tous genres, culturelle, religieuse, végétale, climatique, où se côtoient ou se croisent, différentes races, peuples, religions, congrégations, communautés, etc.
Jérusalem, où l'orient et l'occident ne font qu'un, véritable caléidoscope, centre barométrique du monde, ville Sainte pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, à elle seule, concentre tout cela, un peu comme des couches archéologiques successives, liées à la restauration induite par les guerres ou l'érosion naturelle. La décrire n'est pas une mince affaire. Je me risquerais de la résumer en quelques mots : Jérusalem, des états dans un état.
Cette ville vivante, en effervescence permanente, marquée par les différentes guerres de frontières ou de religions, cosmopolite, toujours sous tension, loin du calme du Mont des Béatitudes et du silence du désert, laisse entrevoir le tourment, et en filigrane, la Passion du Christ. Tous, juifs, chrétiens, musulmans, voient l'insécurité comme une présence romaine, "discrète", mais toujours là, comme une ombre suspendue.
A Jérusalem, les appartenances religieuses sont affichées sans heurts, ni vexations. Cependant chacun s'abstient de faire du prosélytisme par respect pour les autres religions. " C'est comme cela que l'on arrivera à la paix, nous a confié notre guide juif, il ne faut surtout pas proclamer : c'est moi qui détiens la vérité."
Pourtant la provocation existe, comme la discrétion forcée, en dehors des combats entre cloches et haut-parleurs d'où sort l'invitation à la prière des Muezzins .
Même si la ville reste sous tension cachée, comme une cocotte minute, Jérusalem demeure la ville de la Paix pour ne pas connaître les drames des pays occidentaux, relatifs à la dépravation morale (J'ai vu des jeunes adolescents (es) circuler tard dans la nuit dans les rues de la vieille ville, en toute quiétude).
Même si le danger d'un attentat terroriste à caractère raciale ou politique est omniprésent, la population ne laisse nullement paraître sa peur. Dans la vieille ville, la présence militaire est forte à Jérusalem. On remarque surtout des jeunes gens, garçons ou filles, qui ont tout juste 18 ans. Israël qui applique la loi du Talion oeil pour œil, dent pour dent, répliquera toujours à toute agressivité, à l'exemple de Massada (au dessus de la mer morte. Siége ayant tourné au drame) qui est devenu le symbole de la volonté d'Israël de défendre le pays. La population juive le sait et s'en trouve confortée.
Lorsque qu'il y a des attentats terroristes, le mur de séparation continue sa progression. Lorsque le calme revient, la construction cesse. " Et tant pis pour l'esthétique, d'abord notre sécurité, nous a révélé un citadin. "
Les arabes chrétiens qui vivent à Bethléem souffrent de cette situation qui engendre un manque de liberté de mouvement et parfois la séparation familiale. Les pèlerinages apportent un soutien économique et l'espoir aux résidents chrétiens de Palestine dont certains viennent travailler à Jérusalem, parfois dans des conditions épouvantables au passage de la frontière lorsque la veille il y a eu un attentat.
Bethléem, avec l'ombre du terrorisme sur elle, étouffe, là aussi, le message du don de Dieu à l'humanité. La population souffre de la pauvreté (comme à Jérusalem d'ailleurs) et n'hésite pas à solliciter le bon cœur des pèlerins, parfois avec insistance lors de ventes de produits à la sauvette, d'autres fois avec docilité, comme ce "petit" qui m'a tapoté le bras, me suppliant de sa main tendue, à la sortie de la grotte de la nativité. Sans aide, sans amour, ceux-ci pourraient grossir les rangs des terroristes.
L'Eglise en terre Sainte demeure le petit troupeau témoin de Jésus sur sa terre. On compte environ 150 000 chrétiens en Terre Sainte (Palestine et Israël), dont 10000 vivent à Jérusalem. Les chrétiens appartiennent aux églises orientales suivantes : Grecque orthodoxe (32%) et catholique(42%) Arménienne orthodoxe (1%) et catholique (0,20%) Syrienne orthodoxe(0,60%) et catholique(0,20%) Copte orthodoxe(0,60%) et catholique(0,02%) Ethiopienne orthodoxe (0,60%) et catholique Assyrienne Orthodoxe et catholique (Chaldéenne) Maronite (3,80%). Les églises de traditions occidentales se composent de l'église latine (16%), anglicane(1,20%), luthérienne(1,20%).
La plupart des lieux naturels de la Terre Sainte, marqués par les empreintes du christ et des figures de l'ancien et du nouveau testament sont sous "cloches", c'est à dire que des édifices religieux les recouvrent. (Par exemple, le Golgotha et le tombeau du Christ se trouvent dans la Basilique du Saint Sépulcre, oeuvre à l'origine de Ste Hélène.) Il est cependant à déplorer que parfois, en raisons de conflits, les pèlerins ne peuvent accéder à certains édifices.
Ce contexte permet difficilement d'imaginer les décors d'autrefois et les scènes qui s'y sont déroulées. Ce n'est pas la même chose avec la Via Dolorosa où le Christ tout le long porta sa Croix. Même si les décors de jadis ne sont plus là, l'ambiance est restée presque semblable. Notre chemin de croix s'est déroulé dans la cohue des souks des quartiers arabes où le brouhaha de la foule dense et l'irrespect de certains nous ont fait ressentir les souffrances morales du Christ.
Le Saint Sépulcre et le Dôme de la Roche, l'un face à l'autre, les deux sacrifices, côte à côte, mais à distance par la différence des religions, révèlent l'antagonisme des croyances en un seul Dieu.
Du temple juif, détruit en 70, il ne reste que le mur occidental ou mur des lamentations. Une reconstruction domine les esprits, après que le dernier élément ait été validé, la fabrication en or d'une seule pièce du chandelier à sept branches.
Le passage dans ces divers lieux historiques, quand cela fut possible, a ravivé nos connaissances bibliques, parfois en leur donnant un sens profond. C'est ainsi que Bethesda, et son double symbole, lié au péché, a fait comprendre à certains d'entre nous que leur conduite pouvait être blasphématoire : La piscine Bethesda ou piscine probatique était un lieu païen ou venait se baigner le peuple malade qui pourtant croyait au Dieu unique, mais qui, au lieu de se tourner vers Lui, espérait obtenir la grâce d'une guérison dans une eau dédiée au dieu guérisseur.
Aujourd'hui, nos actions n'ont pas changé : beaucoup agissent à contre courant de l'enseignement du Christ en "fricotant" avec la sorcellerie. Combien n'ont ils pas eu recours au spiritisme, à l'occultisme, à la magie à l'adoration de vaudous, ou autres, pour connaître le "meilleur" de l'avenir ou la guérison de leur maux.
Pendant la dernière messe célébrée à Jérusalem, au Saint Sépulcre, remémorant la résurrection du Christ, mes pensées allèrent vers Marie, révélant à mon cœur à ce moment là, en réponse à ma préoccupation de ne l'avoir pas suffisamment priée, qu'elle s'était écartée durant notre parcours pour laisser totalement la place à son Fils.
"Marche avec nous Marie, aux chemins de nos vies, ils sont chemins vers Dieu "

LA SOURCE DE LA CHRETIETE
Nos racines chrétiennes puisent incontestablement dans la source hébraïque. Héritiers du peuple juif, nos relations avec le frère aîné doivent être entretenues dans l'amitié et l'amour, par dessus les accrocs du passé qui ont introduit des démarches de repentance, à l'instar du pape Jean-Paul II.
A ce propos, il est cependant nécessaire de clarifier une vérité, celle de différencier les disciples du Christ de ceux qui émanent d'une nation chrétienne.
A Jérusalem, nous nous rendîmes à Yad Vashem, mémorial de l'holocauste juif dont l'intensité du drame empêche encore les blessures de se refermer, comme le souligne Lucien Lazare, auteur du dictionnaire des Justes, avec qui nous nous étions entretenus. Au delà des rancunes et des rancœurs visant la conduite passive de chrétiens face au drame de la Shoah, il y a lieu de souligner la volonté d'Israël d'honorer les européens qui ont sauvé les juifs d'une mort certaine durant la dernière guerre. On parle de vouloir "panthéoniser" les français cette année.
Avec cela, il ne faudrait pas passer sous silence les actions de chrétiens opposants au nazisme, en Allemagne comme ailleurs, à l'image du père Kenderrich qui a révélé la cruauté du nazisme avant que la Gestapo ne l'envoie dans les camps de concentration.

LE MESSIE
Beaucoup ne comprennent pas pourquoi le peuple élu de Dieu ne reconnaît pas Jésus dans le Messie. Les juifs sont toujours dans l'attente de la venue du Messie, et non pas de Son retour, puisqu'il ne concèdent pas que Jésus est le Christ. Cette venue, selon leur tradition, s'accomplirait par Son entrée dans l'antique Jérusalem après avoir traversé la porte dorée, appelée aussi porte de la Miséricorde,… sur le dos d'un ânon.
Pour nous chrétiens, cette condition s'est réalisée avec l'entrée du Christ dans Jérusalem le jour des Rameaux. "Miséricorde" est aussi un mot plein de sens.
Que dire ensuite, sinon que des obstacles entravent cette éventualité : La porte dorée a été bouchée par les musulmans depuis des siècles, après le passage en songe par le prophète Mahomet. ( Selon une tradition musulmane, elle ne s'ouvrira que lorsque Jésus reviendra pour le jugement dernier)
De plus un cimetière musulman longe la muraille à cet endroit là ; quand on sait que les ossuaires ne sont pas kasher dans la tradition juive, il semble pour cela invraisemblable que le Messie traverse un endroit impur.
Peut-être que pour ces critères, et bien d'autres relevés dans la concordance de texte de l'ancien et du nouveau testament, une partie du peuple juif est prêt à donner à Jésus le titre de Dieu. Les juifs messianiques, semblablement à Pierre, l'ont déjà confessé, suscitant une saine curiosité parmi les religieux juifs orthodoxes qui les fustigent souvent de questions, du style : " Pourquoi croyez-vous en Jésus le Christ ? " " N'êtes vous pas des catholiques déguisés ? "
Beaucoup d'autres juifs montrent de l'intérêt pour la religion catholique.
L'armée n'est pas de reste, elle envoie ses militaires à Abu Gosh, village d'Emmaüs où vit une communauté de religieux bénédictins. Les moines ne parlent pas de leur religion, mais enseigne l'amour du Christ. Au delà des différences, ils apprennent à se rencontrer à se respecter, à s'aimer.
Ainsi, lentement, le Seigneur se révèle à son peuple.
En Israël, il y 7000 juifs messianiques, 12000 dans le monde entier. Des arabes ont aussi adhéré à leur communauté.
Les juifs messianiques ne cherchent pas à convertir, mais se cantonnent uniquement à parler de Jésus, de l'amour de Dieu et du prochain.
L'un d'entre eux nous a relaté, qu'au tout début, après avoir lu le nouveau testament, il a demandé si Jésus était bien le Messie. Le Christ lui même lui a répondu dans une vision. Une année de silence dans un monastère des clarisses lui a fait comprendre qu'il fallait prôner la réconciliation entre différents courants religieux, d'abord entre catholiques, puis entre catholiques et protestants.
Il a poursuivi en disant que le Christ était venu d'abord pour les juifs. Ceux-ci à ce moment là n'avaient pas voulu recevoir la Lumière. Mais maintenant le Seigneur vient à nouveau pour la leur donner.
Yeshouha, ajouta-t-il, est son vrai nom, mais beaucoup ne veulent pas encore le nommer ainsi; les rabbins l'appellent Yeshu, et non pas Yeshoua, le Sauveur.
Il prie beaucoup pour Israël et lit le nouveau testament en hébreu. Il a insisté pour dire que ceux qui lisent le nouveau testament dans leur langue ne comprennent pas tout, car la traduction a été faite d'abord de l'Araméen au Grec et ensuite dans leur langue.
Il a conclu en disant que le rapprochement entre sa communauté et les chrétiens n'était pas simple pour l'instant, par méfiance, en regard, encore, du passé (croisades, inquisition , Shoah)
Pour le rassurer sur les intentions des disciples du Christ, notre prêtre lui a répondu : " Nous sommes les croisés de l'amour. "

Notre périple en Terre Sainte s'achève, plein d'émotion et de promesses, qui donnera indubitablement un autre sens à la lecture de l'Ecriture dont la compréhension sera toujours agrémenté d'un panorama historique.
Notre départ d'Israël a été aussi salué par Dieu, une inscription paysagère en hébreu à la sortie de Jérusalem nous le laisse croire: " Que votre sortie soit dans la Paix ".
La réponse ne s'est pas fait attendre : " Reste avec nous Seigneur, car le soir tombe et le jour a déjà baissé "
Nous rentrons chez nous, dans un pays avec tous les dangers relatifs à la négation de Dieu, où la laïcité à tendance à déraper vers un laïcisme prôné par le refus de Dieu. Notre périple à Jérusalem ne peut pas rester fade, les paroles du Christ " vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde " doivent en donner tout le sens.

J. de C. 28/02/2006

SAINTE MAISON DE LORETTE (Source Wikipedia)
Au IIIe siècle, quand sainte Hélène se serait rendue à Nazareth, elle aurait élevé une église dans laquelle se trouvait la maison de Nazareth. En plus de découvrir la Vraie Croix, elle aurait aussi découvert le lieu supposé de l'incarnation. La tradition raconte aussi que ce fut dans cette maison que Marie reçut son éducation et grandit avec ses parents sainte Anne et saint Joachim.

Or, au XIIIe siècle, les lieux saints chrétiens sont menacés par les Sarrasins et l'église construite par Hélène est détruite. Un même sort aurait été réservé à la maison de Nazareth. Selon la légende, Dieu fit miraculeusement transporter la Sainte Maison en Croatie, dans les villes de Trsat (Tarsatica) et Rijeka (Fiume), sur le mont Rauniza, avec l'aide de ses anges.

Ce récit fut rapporté sous le pontificat de Nicolas IV. Dans la maison, les villageois trouvèrent une statue représentant Notre-Dame couronnée et tenant l'Enfant-Jésus. L'évêque Alexandre Georgevich en fut imméditament averti et vécut bientôt une apparition mariale en réponse à ses prières, lui expliquant les origines de la maison.

Toujours selon la tradition, la Sainte Maison aurait été de nouveau transportée par les anges dans la marche d'Ancône, où elle aurait été recueillie par une dame nommée Lorette le 10 décembre 1294. C'est de là que provient l'histoire de Notre-Dame de Lorette. Les litanies de Lorette furent composées par le cardinal Savelli en rapport avec l'événement.